samedi 3 mai 2014

La complicité


La complicité est l’attitude de l’individu qui participe à la commission de l’infraction avec l’auteur, mais contrairement au coauteur ne réalise pas les mêmes actes. La complicité ne peut exister que si un fait principal est punissable, lorsque celui-ci existe plusieurs critères doivent être réunis pour établir la complicité.
Deux éléments la compose : un élément moral et un élément matériel. On désigne par élément moral l’intention de réaliser l’infraction, de s’y associer. Dans le cas où il y a inadéquation entre l’infraction projetée et l’infraction consommée, le juge retiendra la complicité si l’infraction réalisée est une aggravation de celle imaginée[1].  L’élément matériel recouvre de nombreux cas de figure que l’on peut classer en différentes catégories. Il peut s’agir tout d’abord d’une complicité par instigation. Ici, le complice commandite l’infraction soit par la provocation qui peut prendre la forme d’une promesse, d’un don, d’une menace[2], soit par la fourniture d’instructions en délivrant à l’auteur des informations précises et uniques. La complicité peut prendre également la forme d’une assistance par un acte positif (fourniture de matériel). En droit français seul l’absence de dénonciation de crime est répréhensible[3].
Récemment un nouveau type de complicité a été dégagé : le happy slapping ou vidéolynchage, incriminé à l’article 222-33-3 du Code pénal. Cette pratique consiste à filmer le déroulement d’une infraction en ne portant pas secours à la victime
L’acte de complicité doit qui plus est intervenir avant ou pendant la commission de l’infraction principale. Pour autant, un acte postérieur peut-être reconnu comme un acte de complicité si il avait été prévu avant ou pendant l’infraction[4].
En principe le complice encourt la même peine que l’auteur principale, mais la peine peut être différente au regard des circonstances qui entourent le déroulement de l’infraction. En effet, les circonstances personnelles à l’auteur personnel ne peuvent nuire ou bénéficier au complice


[1] Cass.crim., 31 déc. 1947, Bull.crim., n°270.
[2] Article 121-7, al 2 du Code pénal.
[3] Article 434-1 du Code pénal.
[4] Cass.crim., 11 juill. 1994, Bull. crim., n°274.

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